the walking dead
Je ne suis pas une spécialiste de comics. Je suis seulement certaines séries. D’ailleurs, à Pakou Pakou, je ne suis pas la plus calée et je lis finalement assez peu les trucs classiques de super-héros.
En fait, The Walking Dead, c’est un truc de zombies, et – je l’ai déjà dit – j’adore les trucs de zombies. Je viens de terminer le WD #57 et je suis putain de frustrée. C’est certainement pour cette raison que j’ai envie d’en « parler ». Je viens aussi de récupérer une affiche de WD que je pourrai mettre aux toilettes et je vais manger un curry-fait-maison tellement bon que je suis obligée de m’arrêter tout de suite d’écrire cet article.
Okay.
Alors Rick Grimes, un jeune flic super sympa, se réveille d’un coma dans lequel il a été plongé suite à une blessure par balle. L’hôpital dans lequel il se trouve est vide – ou presque.

Bon, la suite, c’est un peu « the same old song »: Rick comprend assez vite que désormais, les morts marchent, il déambule, est un peu paumé et veut retrouver sa femme et son fils.
Pour simplifier et ne pas spoiler, on va suivre un groupe de survivants dont Rick sera naturellement le leader.
Ce truc est fou. Je veux dire, le niveau est très élevé. C’est aussi intelligent et riche qu’un bon Romero et à Pakou Pakou, on arrive pas à comprendre pourquoi Walking Dead n’a pas encore été adapté à la télévision. Ça ferait vraiment une putain de série. La BD est construite comme un feuilleton américain. Il y a de quoi faire et Kirkman a l’air de sacrément bien maîtriser les ficelles de ce type de format: les personnages sont denses et complexes, les lieux sont idéaux et les numéros s’enchaînent et s’achèvent par des cliffhangers de malade mental. Il y a très peu de temps mort, je me suis rarement ennuyée et après plus d’une cinquantaine de numéros, j’en redemande.
Dans l’introduction du premier tome, Robert Kirkman explique:
« I’m not trying to scare anybody. […] To me, the best zombie movies aren’t the splatter fests of gore and violence with goofy characters and tongue in cheek antics. Good zombie movies show us how messed up we are, they make us question our station in society… and our society’s station in the world. They show us gore and violence and all that cool stuff too… but there’s always an undercurrent of social commentary and thoughtfulness.[…] With WALKING DEAD I want to explore how people deal with extreme situations and how these events CHANGE them. […] How these characters get there is much more important than them getting there. »
Ouais, parce que ce qui est vraiment cool dans Walking Dead, ce sont les personnages. Vous les aimerez. Tous. Vous détesterez Kirkman de les faire crever. Et, ils seront nombreux à crever.
Souvent, lorsque je regarde un survival, il y a des trucs qui m’agacent (en dehors des zombies qui courent. Bordel! tout le monde sait que les zombies ça coure pas!) et il y a notamment ce truc sentimental horrible, ce manque de pragmatisme, cet héroïsme illogique. Les personnages les plus sexy sont toujours les personnages secondaires. Ce sont souvent les seuls à qui on laisse faire des trucs horribles pour survivre. Laisser mourir des gens, en tuer… La plupart du temps, le héros reste irréprochable, chiant, pédé.
Dans Walking Dead, les personnages sont tangents, ils s’endurcissent. Rick change et fait des trucs vraiment crado. C’est l’un des trucs que j’aime dans la BD; des gens qui savent prendre les bonnes décisions.
Les questions bizarres que l’on peut se poser en regardant un film de zombie, Kirkman se les pose aussi. Il le fait avec plus d’imagination, de cruauté et de classe. Il surprend même et soulève de nouvelles interrogations. Il dit: «We will NEVER wonder what happens to Rick next, we will see it. The Walking Dead will be the zombie movie that never ends ». Okay, une fois le film fini, les gens baisent et butent.
Au final, tout comme peut le faire Romero, Kirkman utilise cette histoire de zombie comme un prétexte. C’est pas analyser la « posture » de l’auteur, c’est pas de l’étude littéraire à deux balles, c’est juste très rapidement évident. Il peut y avoir des fascicules entiers où il n’est pas question de zombie. D’ailleurs je me dis que si mes parents avaient voulu que je les écoute lorsqu’ils me parlaient des dangers du tabac, ils auraient dû foutre des zombies quelque part.
Je pourrais dire des tas d’autres trucs sur Walking Dead mais en fait, j’ai la flemme et l’article est trop long.
Walking Dead est publié chez Image Comics en version originale et chez Sémic et Delcourt en version française.
L’auteur, c’est Robert Kirkman. Il a écrit des trucs vraiment chouettes genre Battle Pope, Invincible ou Astounding Wolfman et a participé à des publications Marvel (comme Fantastic Four, Marvel Zombies ou Captain America). Ce mois-ci, est sorti The Destroyer chez Marvel, sa nouvelle série (une mini-série en 5 épisodes). Ça a l’air bien.
Concernant les dessins de WD, Toni Moore s’occupe des six premiers numéros et Charlie Adlard prend la suite. J’aime ce qu’ils font (The Exterminators dessiné par Moore est cool, certaines images sont vraiment pénibles, ce type est fort).
Le guide des publications
Walking dead #1 en ligne:
P.S: des petits bouts de pomme de terre dans le curry, c’est vraiment trop bon.
