U-238 Atomic Energy Laboratory

Bonjour les enfants. Aujourd’hui, nous allons parler de la puissance de l’atome, votre nouveau meilleur ami. Saviez vous qu’il fut un temps où vous pouviez manipuler de l’uranium dans votre jardin tranquilou ? :) Lisez ce qui suit…

En 1950, A. C. Gilbert Company commercialise son kit du petit physicien, le U-238 Atomic Energy Laboratory, contenant des minerais d’uranium et des particules radioactives. Oui. L’entreprise est alors connue pour son jeu de construction Erector (l’équivalent du Meccano) et pour avoir vendu tout un tas de jouets plutôt cools (des boîtes de magie, des microscopes, des maquettes ferroviaires, etc.). Son fondateur, Alfred Carlton Gilbert, est un génie créatif, l’un des inventeurs les plus brillants de son époque. Un mec un peu fou aussi. Son sacerdoce ? Encourager la compréhension de la chimie, de la physique ou de la biologie. Stimuler l’imagination des enfants, ses petits scientifiques et ingénieurs de demain, la plus grande force des États-Unis. Et à cette époque pour Gilbert, la pédagogie ça passe par mettre plus de matériel radioactif dans un kit de physique qu’il n’y en a jamais eu en Irak. C’est très drôle (et un peu effrayant) d’imaginer que cette boîte ait pu être conçue en partenariat avec le MIT et avec le soutien du gouvernement.

Dans l’autobiographie de Gilbert : « The Most spectacular of our new educational toys was the Gilbert Atomic Energy Laboratory. This was a top job, the result of much experimentation and hard work. We were unofficially encouraged by the government, who thought that our set would aid in public understanding of atomic energy and stress its constructive side. We had the great help of some of the country’s best nuclear physicists and worked closely with M.I.T. in its development. »

Malheureusement pour vous, l’Atomic Energy Lab fut un sacré bide commercial et sera retiré de la vente en 1951. Parce des responsables de la sécurité des produits ont soudainement pris conscience de l’ampleur de la dangerosité et de la nocivité des radiations? Non. Parce que la boîte était trop chère (environ $50.00, l’équivalent de $450.00 aujourd’hui) et parce qu’elle était trop compliquée à utiliser et difficile à marketer :

« The Atomic Energy Lab was also the most thoroughly scientific toy we had ever produced, and only boys with a great deal of education could understand it. It was not suitable for the same age groups as our simpler chemistry and microscope sets, for instance, and you could not manufacture such a thing as a beginner’s atomic energy lab. So we had to drop this wonderful new addition to our line of educational toys – and toy has never seemed to me to be the right word to apply to such things. »

Voici ce que le kit de Gilbert contenait :
un compteur Geiger
un électroscope
un spinthariscope
une chambre de Wilson
trois sources de radiation à très faibles doses : une source de bêta-alpha, une source de bêta pur et une source de rayons gamma
quatre types de minerai d’uranium
des petites boules à combiner pour réaliser des modèles moléculaires
des piles standard
Prospecting for Uranium, un manuel gouvernemental qui devait permettre aux gamins de découvrir de nouvelles sources d’uranium et leur promettait une récompense de $10,000
le Gilbert Atomic Energy Manual écrit avec la participation du directeur du Projet Manhattan, le Général Leslie Groves
la bd éducative Learn How Dagwood Split the Atom. Vous pouvez la télécharger ici, je l’ai trouvée . « This book tells what an atom is, how it can be split and what happens when it is split. »

Voyez-vous bande de petits morveux, ce mini laboratoire de l’énergie atomique est un témoignage parfait et précieux de l’optimisme nucléaire des années 1950 et 1960. L’introduction de la bande dessinée résume d’ailleurs très bien l’esprit de l’époque. Wikipédia aussi :

« The atomic bomb would render all conventional explosives obsolete and nuclear power plants would do the same for power sources such as coal and oil. Everything would use a nuclear power source of some sort, in a positive and productive way, from irradiating food to preserve it, to the development of nuclear medecine. This use would render the Atomic Age as significant a step in technological progress as the first smelting of Bronze, of Iron, or the commencement of the Industrial Revolution. »

Le terme Ère Atomique fut popularisé par le journaliste officiel du Projet Manhattan, William L. Laurence, un pilier de la propagande en faveur de l’énergie atomique. À ses côtés… Walt Disney avec son espèce de trilogie sur les effets positifs de l’énergie atomique : une exposition au Tomorrowland (et on sait à quel point ce mec était flippant sur la vie dans le futur), ainsi qu’un bouquin et un film appelés Our Friend the Atom que tous vos petits camarades américains se sont tapés à l’école à la fin des années 1950.

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