Go! Inaho Junior High Ping Pong Club

A l’instar du porno, l’humour japonais est perturbant mais étrangement efficace. Bien que je n’ai jamais été fan des blagues lourdes de Nicky Larson ou des boutades cochonnes dans Dragon Ball, j’ai toujours trouvé les émissions humoristiques japonaises pour adultes à la fois incompréhensibles et hilarantes.

Ping Pong Club est de ce genre là. Sorti en 1995, cet anime vous permet de comprendre les fondements de pas mal de perversions locales. Centrée sur un groupe de 6 collégiens membres de l’équipe de ping pong de l’école, cette série est assez indescriptible et constitue une oeuvre adolescente absurde vraiment bien foutue. Les références à la culture populaire japonaise y sont hyper nombreuses, mais souvent obscures. Un savant mélange de blagues scato et d’hommages hyper pointus ont incité pas mal de critiques à comparer le manga au dessin animé South Park. Je ne dis pas que la comparaison est débile, mais c’est difficile de mettre côte à côte un produit si japonais et quelque chose de si américain. En fait, je crois que la meilleure manière de décrire Ping Pong Club, c’est de dire qu’il est diamétralement opposé à «Quartier Lointain». Si l’un est l’archétype du bon manga pour occidentaux, l’autre est l’exemple même de tout ce qui dégoute la mère de famille catholique. Il y est finalement assez peu question de tennis de table et du dépassement de soi, mais plutôt d’odeurs corporelles et d’insertion de balles de ping pong dans l’anus. On est très loin du Shônen de sport et bien sur, cet anime n’est pas a mettre entre toutes les mains : le visionnage d’un seul épisode par Ségolène Royal lui suffirait pour nous écrire le tome 2 des Bébés Zappeurs, et personne ne veut ça.

Les personnages sont excellents, des losers avec du style. Je pense notamment à Maeno, un esprit malade aux perversions et à l’humour hyper raffiné. Une sorte de génie du comique de situation, manipulateur, haineux, cleptomane et légèrement homosexuel. Impossible de ne pas s’identifier à ce garçon étrange, la scène de la voiture panda et des costumes de chien à la fin du 15eme épisode sera à jamais gravée dans ma mémoire. Certains seront scandalisés par l’anti américanisme primaire présent dans la série au travers du personnage de Tanabe. Oui c’est vrai, ce grand américain est simplet, recouvert de poils, puant et possède une petit bite à la place du nombril. Mais en dépit de son handicap racial, cet esprit doux et dépourvu de malice fait réellement partie de la bande. Vous serez peut être aussi attendri par Tanaka, le garçon à la tête de melon, fétichiste des petites culottes et ouvertement amoureux du beau gosse de la bande (qui est aussi un travesti). A la tête de cette fière équipe, Kaneda, le vrai sportif, un peu ringard et rabat joie mais dont la taille des organes génitaux en fait le chef naturel.



Le programme de la TBS est devenu culte pour certains groupes de nerds nord américains, d’où la disponibilité de tous les épisodes sous-titrés sur youtube. Je vous propose de regarder l’épisode 17, une bonne introduction à l’univers de Ping Pong Club. Maeno y est confronté à un professeur remplaçant hypercéphale dont la gentillesse met en péril la «losers comunity», son organisation dictatoriale condamnant l’amour et l’enthousiasme.

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