FREE ORELSAN!

En mars 2009, une bande de vieilles cruches « féministes » exigent la déprogrammation d’Orelsan du Printemps de Bourges. Un blog a même été crée : Orelsang, le cracheur de haine
L’instigatrice de ce Boycott, Kokolat est une « fimoteuse » qui aime le tricot, le perlage, les fleurs et les livres d’Amélie Nothomb. En fait, son blog est divisé en plusieurs catégories dont : la pâte Fimo, coin lecture, troc troc troc!, koko-logique… koko-nomique! Etc etc. Parmi ces rubriques, on en trouve une intitulée « Etre féministe ».
Avec sa copine, AuFilDeGarrigue, qui aime aussi le tricot et qui possède aussi une rubrique « droit des femmes » dans son blog, elles tiennent le blog Lara JoVentre (« en colère à quatre mains »)
Pour commencer, plusieurs trucs me viennent en tête:
- Waouh!
- C’est cruel de faire porter à tes gamins les trucs que tu tricotent parce que tu te fais chier comme un rat mort dans ta banlieue résidentielle
- Je refuse désormais d’apprendre à ma mère comment marche internet.
Lors de cette première polémique, j’avais déjà failli réagir mais finalement Orelsan avait pu faire son truc au Printemps de Bourges et Kokolat et sa copine étaient retournées dans leur monde angoissant qui ressemble à un clip de Michel Gondry sous anxiolytiques.
Aujourd’hui, lorsque je me suis réveillée, on m’a tout de suite dit qu’Orelsan avait été déprogrammé des Francofolies et qu’il fallait que j’aille voir les commentaires sur le site de Libération. J’ai pensé à Kokolat et AuFilDeGarrigue, je me suis connectée. C’était pire.
Je publie donc ici un commentaire concernant la polémique, trop long pour être publié sur le site. Le truc est censé être un peu pédagogique et ça me rappelle l’époque où j’allais sur les forums. Faut vraiment aller faire un tour sur le site de Libération, il y a des commentaires fous.
Avant de commencer, il faut que je précise plusieurs choses :
Je suis une fille, je suis diplomée, je suis jolie, je m’habille bien, j’ai des potes (qui aiment Orelsan), une vie sociale, une vie sexuelle (avec un type qui aime Orelsan), des parents unis et je vote à gauche. Je suis cool, normale et ordinaire.
Je dis ça pour plusieurs raisons :
- J’élimine par anticipation certaines interventions stupides.
- Ça m’évite de devoir justifier l’idée selon laquelle on peut être une femme « éduquée » et aimer Orelsan. J’adore Orelsan, j’aimerais bien qu’il soit mon pote, qu’on fasse des barbecue ensemble et qu’on joue à Magical Drop.
- Les garçons avec qui je suis sortie sont le genre de garçons qui écoutent Orelsan. Ce sont aussi le genre de garçons qui s’occupent de ma lessive, me font la cuisine et me câlinent TENDREMENT. Je n’ai donc jamais eu le genre de problèmes dont les gens parlent sur Libération.
Premier point : LE DELIRE FEMINISTE
Je hais les féministes et je hais les discours féministes.
Charisma (en référence au manga?) a raison. Il dit : « Beaucoup de féministes sont profondément sexistes. Le combat des féministes “officielles” est un combat d’arrière garde, maintenant que l’égalité de droit existe; depuis longtemps d’ailleurs. Elles en sont réduites à exiger la censure. »
(Nb : Charisma est le plus sensé des intervenants et je viens de me rendre comte que certains de ses commentaires ont été censurés. En revanche, des parallèles entre Hitler et Orelsan sont encore sur le site)
Quelqu’un demande : « En quoi les bobos et les féministes seraient détestables à ce point ».
Je ne vais pas me prononcer sur les bobos mais les féministes sont détestables parce qu’elles sont dépassées, grotesques et qu’elles ne sont pas crédibles. Le féminisme est nécessaire dans une sorte de société patriarcale légale. En gros, il est utile lorsque l’inégalité est inscrite dans la loi. Évidemment que nous vivons encore dans une société sexiste mais c’est dans la pratique, les traditions ou les mœurs que les inégalités subsistent. Qu’est ce qu’une bande de pétasses mal baisées peut y faire? Ce n’est pas collectivement qu’il faut agir mais individuellement qu’il s’agisse de la pratique ou des mœurs (concernant les traditions, c’est plus compliqué). Et puis, il faut admettre que la plupart des filles, à des degrés divers, se complaisent dans un certain nombre d’attitudes qui reproduisent les schémas sexistes. T’as pas besoin de lire du Bourdieu pour comprendre ça et je ne dis pas que c’est mal ou bien, je m’en fous. Le problème avec les féministes, c’est qu’elles te disent ce qui est bien ou mal. C’est mal d’aimer Orelsan, c’est mal d’aimer l’éjac faciale et c’est mal d’être une femme au foyer.
Deuxième point : LES TRUCS BIZARRES A PROPOS DES RAPPEURS
« Les rappeurs sont pour la plus par des chanteurs à textes alors ils doivent en assurer la responsabilité. »
« ça me gave ces gens qui ne savent s exprimer qu en utilisant bite, con salope et autre… Je decouvre ces paroles ultra limitées…qui ne ressemblent a rien
Il y avait un temps ou je pensais qu un chanteur de rap pouvait avoir quelque chose de revolutionnaire, chanteur de rue, il pouvait faire rimer la misère sur des slams et denoncer certaines injustices…
Mais tres vite une grosse partie de ces chanteurs se sont signés comme gros beauf de la rue…eavec la grosse carricature…bagouze, grosse voiture et la grosse pouf…
Les paroles tuent la poesie et la creativité en deux coups de pinceaux, et puent trop souvent, le sectarisme, la violence, l homophobie, le machisme, la betise en grosse pompe, la carricature… »
Bon, j’avoue, j’ai hésité à répondre à ça. Je ne sais pas qui vous êtes et dans quel monde vous vivez.
Je crois que vous être vieux, ringards et que même jeunes vous étiez déjà vieux et ringards. Ne vous inquiétez pas, la blogosphère est remplie de connards comme vous qui militent encore pour le rap conscient.
Je ne pense pas qu’au départ l’objectif du rap fut de dénoncer les injustices et je ne pense pas que ça devrait être son but unique. A la base, l’idée, c’est de s’amuser, chiller et serrer des meufs (comme la plupart des genres musicaux). Le slam, ça craint et la poésie et la créativité dont vous parlez puent la naphtaline. Orelsan sort des punchlines mortelles, c’est drôle, c’est tout. La grosse voiture, la sape et la bonne meuf, ça fait partie intégrante du rap, c’est du folklore, c’est de la culture, des influences. Le vrai problème, c’est que les rappeurs français choisissent toujours mal leur voiture, leurs sapes et leurs meufs.
Troisième point : LES TRUCS JUSTE BIZARRES
« Preuve que dans l’inconscient collectif des jeunes les plus primaires (je dirais presque les plus primates) les femmes ne sont considérées que comme des objets sexuels et non des êtres humains aux capacités et aux droits égaux. Le respect de l’autre est obtenu par l’éducation,permet d’éviter disputes,délits,crimes,guerres. »
« ça m’inspire que ces petits branleurs à survets et casquettes ont franchement les boules de se voir ravir les donzelles qu’ils desirent par des mecs un poil plus sophistiqués qu’eux. Le nouveau beauf, couinard, phallocrate, non plus alcoolo mais shooté à l’adrenaline, est le petit rappeur morveux en survet et casquette. Ne sachant rien faire du quotidien (vous en avez vus beaucoup des “petits caids” faire la lessive de leurs belles fringues ou se préoccuper de se faire à bouffer? Merci maman…) que de se croire en pleine rebellion à deux balles. »
Je ne sais plus le pseudo des gens qui ont écrit ça mais y’a personne qui trouve ça limite?
CONCLUSION
Putain, comme les lecteurs de Libération craignent trop. Ils n’y connaissent rien au rap, pensent qu’Akhénaton est un bon rappeur et parlent comme des vieux fumeurs de joints partouzeurs.
Ils pensent aussi qu’Orelsan s’adressent aux banlieusards. C’est à vos enfants qu’ils s’adressent. C’est aux jeunes blancs branchés parisiens, aux geek ou aux ados des banlieues résidentielles de province qu’il parle. C’est de la White trash, c’est pas du Gangsta rap. Les mecs de la Courneuve, ils en ont rien à foutre d’un looser qui se fait larguer comme une merde par sa meuf.
J’ai lu le témoignage de la fille qui s’est fait insultée. Ce qui me met mal à l’aise c’est que ça me fait penser à un plateau de télé où deux types de personnes interviennent. Les victimes d’un phénomène et les spécialistes de ce phénomène. Les spécialistes ont beau être des spécialistes, les victimes ont toujours raison parce qu’elles suscitent l’émotion. Ton histoire est triste mais ce que tu dis reste absurde et le lien de causalité que tu établis est incroyablement pauvre.
Il y a aussi les gens qui comparent Dieudonné à Orelsan et même Hitler à Orelsan. Concernant Dieudonné, quelqu’un a répondu. Concernant Hitler, je ne pense pas qu’il faille que je dise quoique ce soit à part relever l’existence du parallèle. WAOUH!
Bon, donc, j’ai dit que j’aimais Orelsan. Il a sorti un album pas mal mais décevant par rapport à ce à quoi je m’attendais. Je comprends pas tout ce bruit autour de lui. Des gens l’ont dit, il l’a expliqué lui-même, son morceau « sale pute », c’est une fiction autour d’un pauvre mec cocu et bourré. Les paroles sont dures, c’est vrai. Mais qui croit qu’il est vraiment misogyne ou homophobe? AuFilDeGarrique et Kokolat (cf: WAOUH)? Ségolène Royal (cf: son livre ; « Le ras-le-bol des bébés zappeurs)? Si je n’avais pas d’avis sur la question, je sais que je ne voudrais pas être dans ce « camp » là, ça pue trop la chatte mal entretenue.
Les gens n’ont pas écouté son disque et essaient de comprendre qui il est. Merde c’est juste un mec qui a un peu morflé au collège, qui parvenait pas à serrer, qui jouait aux jeux vidéos, écoutait des trucs un peu obscurs et partageait des pornos avec ses potes. Il a grandi, réussi à baiser mais est tombé sur des connes, il est un peu looser, a pas confiance en lui mais aime écrire des textes de rap. C’est super gay cette tentative de description mais je pense que c’est nécessaire de replacer les choses.
P.S: AlteredBeast n’est pas moi. Le truc sur le poulet frit et la mémé de TF1, c’était cool. Les gens qui lui ont répondu sont super tendus.
« Mais le peu de rap que j’ai entendu ne me parait pas d’une haute tenue littéraire ni musicale. Pour utiliser une image picturale (c’est exprès) je dirais c’est comme étaler de la m…. avec un balai à chiotte sur un mur des sanisette et vendre ça comme une oeuvre d’art.
Mais bon je peux apprendre ! »
Au début, personne n’a critiqué le rap. Il suffisait juste de les pousser un peu…